Polar Encyclopædia

LES CÉTACÉS

Dans la péninsule Valdès, on peut observer la baleine franche et jusqu'aux Falkland, les dauphins de Commerson et de Péron. Dans les eaux subantarctiques, selon le hasard des rencontres, on pourrait voir 4 espèces de rorquals (petit rorqual, rorqual de Rudolphi, rorqual commun, baleine bleue) et la baleine à bosses, 3 espèces de dauphins (globicéphale noir, dauphin crucigère, dauphin à bec), le cachalot, et enfin l'orque jusqu'aux glaces.

Le baleineau de la baleine franche reste contre sa mère pour se protéger des orques.

L'ordre des Cétacés

L’ordre des Cétacés comprend des espèces à dents (Odontocètes) et des espèces à fanons (Mysticètes), qui ont aussi un gosier très étroit. Toutes ont la nageoire caudale horizontale, et non verticale comme les poissons.

Silhouette et souffle de quelques cétacés.

Comme tous les mammifères

Comme tous les mammifères, les cétacés sont à sang chaud, respirent à l’air libre et allaitent leur petit (les jumeaux sont très rares) ; mais totalement adaptés à la vie aquatique, ils s’accouplent et mettent bas en mer. La peau, sans fourrure, a été utilisée comme cuir. Cependant certaines baleines à fanon possèdent des poils sensoriels appelés fibrisses sur le rostre, avec une fonction similaire aux poils de chats. La tête et le thorax sont souvent énormes (jusqu’à 1/3 de la longueur du corps) et les cervicales soudées limitent les mouvements latéraux.

Les narines des baleines, appelés les évents, ont migré vers le haut de la tête au cours de l’évolution pour leur permettre de conserver leur énergie lors de la ventilation en restant en position verticale. L’appareil circulatoire a aussi évolué pour leur permettre de plonger sur de grandes profondeurs : ralentissement du rythme cardiaque lors de la plongée (5 bpm en plongé vs 35 bpm en surface), un réseau capillaire sanguins dit «admirable» très dense favorisant les échanges entre artères et veines etc. Si les baleines nagent le plus sou- vent par faible profondeur (moins de 100 m), les cachalots plongent jusqu’à 3200 m mais plongent plus couramment aux alentours de 400 m entre 30 et 45 min pour se nourrir.

Le squelette de la baleine franche : les pattes arrières ont disparu au cours de l'évolution.

Les fossiles

Les fossiles du plus ancien cétacé (Protocetus) viennent d’Égypte et datent du tertiaire. À l’Éocène (environ 35 millions d’année), membres postérieurs et bassin (ceinture pelvienne) ont pratiquement disparu, car, contrairement aux pinnipèdes, la queue des cétacés ne correspond pas à des pattes transformées, mais à la simple extrémité charnue et palmée de la colonne vertébrale.

A. Les baleines à fanons (Mysticètes)

  • La baleine franche Australe (Eubalaena australis)
     
    16 m de long pour 60 t, 2 évents.

    Lèvres remontant très haut sur le dessus de la tête, couverte de cal- losités propres à chaque individus et recouvertes de cyamides, des petits crustacés parasites les poux de baleines, . Pas d’aileron dorsal. Se nourrit de crustacés planctoniques (copépodes, krill) et de petits poissons.

    7000 individus en 2020

    Statut IUCN (12/2017) : Préoccupation mineure.

  • La baleine à bosses ou mégaptère (Mégaptera novaeangliae)

    Jusqu'à 16 m pour 75 t.

    Très longues nageoires pectorales couvertes, comme la tête, de tubercules, contenants un poil sensoriel. Son nom lui vient de la bosse formée par sa cambrure lors de sa ventilation en surface. Sillons ventraux. Se nourrit de krill et de petits poissons.

    95 000 individus

    Statut IUCN (03/2018) : Préoccupation mineure.

  • La baleine bleue (Balaenoptera musculus)

    L'animal le plus grand de tous les temps: jusqu'à 33 m pour 180 t !

    À comparer au petit rorqual de 8 m pour 7 t (B. acutorostrata ). Se nourrit de krill aux abords de la banquise.

    Entre 10 000 à 15 000 individus.

    Statut IUCN (03/2018) : En danger

  •  Le rorqual commun (Balaenoptera physalus)

    24 m et 90 t.

    Longue crête dorsale«en rasoir». Bien que très rapide (pointes à 20 nd, 36km/h), il est moins perfor­mant que le rorqual de Rudolphi (B. borealis) qui atteint 26 nd, 48 km/h.

    140 000 individus

    Statut IUCN (02/2018) : Vulnérable

  •  Le petit rorqual de l’Antarctique (Balaenoptera bonaerensis)

    Mesure entre 7,2 à 10,7 m pour un poids de 5,8 à 9,1 t.

    Ses nageoires non-rayés, le rostre pointu et la taille relativement petite identifient le petit rorqual de l’Antarctique. Gris foncé dorsalement et blanc ventralement, avec des stries et/ou des lobes de couleur grisâtre sur la face latérale.

    Statut IUCN
     (01/2018) : Quasi menacé

B. Les baleines à dents (Odontocètes)

  •  Le cachalot (Physeter macrocephalus)

    Jusqu'à 18 m et 70 t.

    C’est le plus grand cétacé à dent. La différence est très marquée entre mâle et femelle : ils pèsent presque 3x plus qu’elles ! Petite mâchoire inférieure, sous une énorme tête carrée (réserve huileuse - spermaceti - «réglable» en plongée comme un ballast). Série d’ondulations sur le dos.

    Environ 360 000 individus

    Statut IUCN (06/2018) : Vulnérable

  •  L'orque (Orcinus orca)

    Jusqu'à 9,8 m et 10 t pour les mâles et 8,5 m pour 7 t pour les femelles.

    Noir à ventre blanc, avec une tache blanche au-dessus des yeux. Aileron dorsal haut et droit.
    Large bouche ornée d’une douzaine de paires de dents pointues.
    En réalité, relativement rare mais facilement repérable, donc souvent signalé.

    Nombre d’individus et statut IUCN : manque de données.

Plusieurs dauphins vivent dans les eaux australes,

  • du plus gros,
    le globicéphale noir (Globicephala melaena) qui atteint 7 m,

    Statut IUCN (06/2018) : Préoccupation mineure

  • au plus petit,
    le dauphin de commerson (Cephalorhynchus commersonii) de la taille d'un homme.

    Statut IUCN (08/2017) : Préoccupation mineure

Deux modes de nourriture, pour deux types de bouches.

Les cétacés à dents se nourrissent principalement de calmars et poissons, excepté l’orque qui préfère les animaux à sang chaud (manchots, phoques) ; les baleines à fanons filtrent d’énormes quantités d’eau, retenant plancton (comme le krill) et petits poissons. Chaque cétacé a développé sa propre mé- thode de capture : grande gorgée d’eau pour le rorqual bleu, écumage de surface chez la baleine franche, rideau de bulles de la baleine à bosses ou mégaptère, combats des cachalots et des calmars, attaques en formation chez les orques.

Pour communiquer entre elles, les baleines, bien que dépourvues de cordes vocales, effectuent toutefois de longs chants complexes dont la portée peut atteindre plusieurs centaines kilomètres. Certains appels semblent évoquer le rassemblement, le rut ou l’agressivité ; d’autres restent sans explications. Chez les baleines à dents en particulier, les cris- clicquetis , plus que la vue, servent à se repérer (écholocation). Il semble également que les baleines aient, en général, une propension à jouer. On pense que les sauts hors de l’eau des baleines franches et des mégaptères servent de mode de communication sonore, de démonstration de puissance entre mâles, ou encore de jeux chez les jeunes et permet de retirer les parasites.

Comment dorment les mammifères marins ? Des recherches montrent que, si les phoques, en mer, dorment par à-coups entre deux « réveils» nécessaires à leur respiration, les dauphins semblent privés de sommeil paradoxal et ne laissent en repos qu’un hémisphère cérébral à la fois.

Longtemps chassées, les baleines sont à présent protégées. Certaines espèces étaient en limite d’extinction.


 

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