Encyclopédie Polaire

PATAGONIE ET TERRE DE FEU

Darwin et Magellan n’auraient pas pu imaginer en parcourant et cartographiant les canaux de la Patagonie que des siècles plus tard, une embarcation futuriste telle que le Polar POD circulerait au Sud de ces régions célèbres !
Ici, le bout du continent Sud-Américain où les frontières Argentines et Chiliennes se confondent, se transforme en archipel du cap des Vierges à l’Est, au cap Pilar à l’Ouest, vers 53° Sud. À partir de là, s’étendent la Terre de Feu jusqu’au Cap Horn (Chili) et l’île des États (Argentine) pour une superficie totale de 800 000 km.
Terres, canaux et fjords se découpent en dentelle avec à l’ouest les derniers soubresauts des Andes culminants à 2 500 m. Ces cimes reçoivent plus de 2 000 mm d’eau par an, permettant d’alimenter la forêt de feuillus et les glaciers qui descendent presque jusqu’à la mer. Cette forêt contraste avec le désert froid de la steppe maigre et des arbustes épineux à l’est, avec une température qui oscille autour de 5°C.

Ce qu’il faut savoir :

La partie célèbre de l’histoire de la Patagonie commence le 1er Novembre 1520 lorsque le portugais Ferdinand de Magellan s’engage dans le détroit tortueux qui porte aujourd’hui son nom en quête d’une route vers l’Orient. 565 km plus à l’ouest, il débouche sur le Pacifique.
Pourquoi Patagonie ? L’étymologie du mot a fait l’objet de nombreuses recherches et controverses, et le seul témoignage provient d’Antonio Pigafetta, un des 18 survivants de l’expédition de Magellan autour du monde où il décrit la rencontre avec un « géant » aux grands pieds « Pataghoni ». Et puisque ces « Patagons » allument des feux de part en part -sans doute pour s’informer de la progression des navires – ces lieux deviendront la « Tierra del fuego » en espagnol, expression hâtivement traduite par Terre de Feu (Terre du Feu conviendrait mieux)
Le Cap Horn est encore aujourd’hui synonyme de naufrages, de drames maritimes et de danger pour les navigateurs. Il est découvert en 1616 par Le Maire et Shouten et constitue à l’époque le passage obligé entre l’Atlantique et le Pacifique (jusqu’à l’ouverture du canal de Panama) puis porte d’accès à l’Antarctique située à seulement 1000 km plus au Sud.
 
Entre les 17èmes et 18èmes siècles, un grand nombre de navires viendront d’Angleterre, de Hollande, de France et d’Espagne, certains pour chasser la baleine et l’otarie, d’autres motivés par des intérêts scientifiques. C’est ainsi qu’en 1834, Charles Darwin le plus grand naturaliste de l’époque, débarque du Beagle sur lequel il s’est embarqué pour 3 ans d’expéditions sous les ordres du capitaine Fitz-Roy. Il analyse chaque roche, paysage, espèce et peuple qui croisent son passage. C’est au cours de ce voyage que Darwin développa sa fameuse théorie de l’évolution. Entre 1882 et 1883, à l’occasion de l’Année polaire internationale, un petit bateau de guerre de la marine française La Romanche, séjournera 12 mois dans les canaux de la Terre de Feu pour observer en particulier le passage de Vénus dans le firmament austral.
 
Et donc avant Magellan ? Plusieurs tribus indigènes peuplaient déjà la Terre de Feu avant l’arrivée des Européens. On comptait les Onas (Selknam), chasseurs-cueilleurs qui se partageaient l’île avec les Haush à l’Est. Dans les îles du Sud vivaient les Yaganes (Yamana) qui craignaient les Onas. Ils étaient d’excellents navigateurs et vivaient des produits de la mer. À l’Ouest dans les canaux les plus inhospitaliers, on retrouvait les Alakalufs qui résistèrent le plus longtemps aux colons. 20 derniers subsistent encore à Port Eden où ils ont été sédentarisés même s’il n'existe plus aucun Fuégien de race pure autour de la Terre de Feu. Ces habitants résistaient au froid en se recouvrant le corps de graisse animale. Un grand nombre d’entre eux périrent lorsque les colons les obligèrent à changer cette habitude et ramenèrent de nouvelles maladies.
 
Punta Arenas, en terre chilienne, est la principale ville des canaux, elle fut créée en 1848. En dehors dutourisme, elle est le point de rendez-vous de tous les navires polaires qui assurent la logistique des bases dela péninsule subantarctique. Sur les rives du détroit, Port Famine et Fuerte Bulnes témoignent de la difficile colonisation de la région habitée la plus australe de la planète. L'île Dawson est une ancienne mission salésienne où furent regroupés de 1892 à 1911 Yaganes, Onas et Alakalufs pour les protéger des aventuriers et chercheurs d'or sans scrupules, mais également dans le but de les « civiliser». Elle se transformera en un vaste mouroir, les indigènes étant décimés par la tuberculose. Par 55° Sud en territoire argentin, Ushuaia -qui signifie « baie ouverte à l'ouest » en langue locale- est la ville la plus australe du monde ; c'est là, en pays Yagane et Ona, que le révérend Thomas Bridges avait fondé une mission anglicane en 1870. De nos jours, Ushuaia compte quelque 70 000 habitants, et dans les rues, Chiliens, Argentins, Anglais, Italiens et Yougo­ slaves se mêlent aux derniers métis fuégiens.
Activité traditionnelle régionale, la pêche aux « crabes » centollas (ou crabes royaux de Patagonie), est devenue, dès les années 30, une importante industrie qui a connu une véritable explosion.
 
Aujourd’hui, l’économie régionale dépend principalement de l’élevage du mouton et du bétail, de l’extraction du pétrole, du gaz.

Pour plus de détails :

Littérature
-       Le voyage du Beagle – C. Darwin
-       Le lièvre de Patagonie – C. Lanzmann
 
Beaux-livres :
-       Patagonie, le Grand Sud – P. Escudero & C. Domens

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