Encyclopédie Polaire

LES ÎLES SUBANTARCTIQUES

Il existe un monde entre le nôtre et l’Antarctique. C’est celui que l’on appelle naturellement « Sub-Antarctique » et qui a la particularité de compter un grand nombre d’îles éparpillées dans les « quarantièmes rugissants » et « cinquantièmes hurlants ». La Géorgie du Sud, les Orcades, les Malouines, les Kerguelen.... Autant de nom qui font rêver de ces îles plantées entre deux mondes, celui de la banquise et de la convergence subtropicale. Et c’est dans ce décor que le Polar Pod naviguera.

LES FALKLAND (OU MALOUINES)

Ce qu’il faut savoir :

Un peu de géographie. Les Falkland vers 52° Sud et 60° Ouest, à 350 km à peine des côtes de la Terre de Feu, sont constituées de 200 îlots entourant deux grandes terres -les Falkland Est et Ouest- séparées par un chenal navigable. L'ensemble émergé occupe une surface d’environ 12 000 km² . Ces îles, qui sont en réalité le sommet de l'avancée du plateau continental américain, présentent un paysage monotone de collines (point culminant : 705 m) où la glace est inconnue. Le vent quasi permanent (30 km/h en moyenne) peut déchaîner d'imprévisibles tempêtes. Les précipitations, malgré leur importance modérée (635 mm/an) tombent aux Falkland sous forme de brouillard et de pluies, pendant 270 jours par an. Mais le thermomètre rappelle que l'archipel n'est vraiment pas polaire, avec une température moyenne de 6°C (-5° à +21°C)pour une eau qui oscille entre 3° et 11 °C.
 
Un peu d'histoire. Ameriga Vespucci aurait-il aperçu les Falkland en 1502, ou Camargo en 1540, ou Davis en 1592, ou encore Hawkins en 1594 ? Ce qui est sûr, c'est que le Hollandais Sebald van Weert les positionna en 1600 et les baptisa de son nom (Sebaldines). 90 ans plus tard, le corsaire John Strong y accoste et emprunte pour la première fois le détroit qui sépare les deux terres principales et le baptise détroit de Falkland, en l'honneur du Vicomte de Falkland, Trésorier de la Marine. Entre 1698 et 1725, les Français de Saint-Malo se rendent plusieurs fois sur ces îles, d'où leur autre nom de Malouines (Malvinas pour les Argentins). Puis en 1752, l'Académie royale de Paris demande au jeune Louis Antoine de Bougainville de rechercher le continent austral et d'étudier les Patagons. Bougainville choisit les Malouines comme base avancée, où il débarque avec l'Aigle et le Sphinx en février 1764 pour fonder Port-Louis sur l'île Est. Cette place est cédée aux Espagnols deux ans plus tard, contre remboursement des frais de l'expédition de Bougainville, tandis que les Anglais fondent à leur tour Port-Egmont sur l'île Ouest. Les Espagnols les en expulsent en 1771, mais ils s'y rétablissent et en prennent possession au nom de l'Angleterre en 1833, alors que les Argentins, indépendants depuis 1816, y avaient dépêché un gouverneur depuis 1820. En 1908, pour confirmer leurs revendications australes, les Britanniques adjoignent la Géorgie, les Sandwich, les Orcades et les Shetland du Sud à ce qu'ils nomment la « Dépendance des Falkland », dont le siège est installé à la capitale, Port-Stanley, sur l'île Est. Cette longue querelle est à l'origine de la guerre des Malouines qui a opposé Anglais et Argentins en 1982.
 
Vivre aux Falkland. Vers le milieu du XIXe siècle, les colons anglais, pour faire face à l'affaiblissement de l'industrie phoquière, sont encouragés par leur gouvernement à développer l'élevage. Au bétail sauvage, abandonné par Bougainville et qui fit d'abord l'affaire, ils substituent le mouton à laine, comme en Australie. En 1882, 1 414 habitants veillaient au destin commercial d'un demi-million d'ovins ! Aujourd'hui, les 2 840 habitants des Falkland, britanniques en majorité, les Kelpers, sillonnent leurs îles en Land Rover, en avion privé, à moto ou à cheval, sous la protection de 2 000 soldats, en prenant soin d'éviter quelques champs de mines laissées par les Argentins (environ 18 000 engins indétectables !). Mais leur richesse vient de plus en plus des quotas de pêche aux calmars qu'ils vendent aux Japonais, aux Coréens, aux Espagnols, transformant Port-Stanley en un des centres actifs de l'hémisphère Sud, doublé du seul aéroport existant sur les îles australes et subantarctiques.
 
Entre les Andes et l'Antarctique, la végétation des Falkland compte quelque 150 plantes à fleurs, dont le tussock Poa flabellata en grande partie détruit par les éleveurs, de multiples mousses et lichens, mais seulement quelques arbres. Plus de 100 espèces d'oiseaux fréquentent l'archipel. Bon nombre sont terrestres (oies, rapaces, ...) ou d'eau douce (pluviers, hérons,... ) et 29 sont des oiseaux de mer communs sous ces latitudes ; manchot de Magellan, manchot royal, manchot papou, gorfou sauteur, macaroni, albatros sourcil noir, albatros fuligineux, pétrels, fulmars, prions, skuas, cormorans, goéland... Sur les plages, s'ébattent aussi otaries, éléphants de mer et lions de mer.

LA GEORGIE DU SUD

Ce qu’il faut savoir :

Un peu de géographie. La Géorgie du Sud étale ses côtes autour de 54 °S et 36 °W, à 2 000 km du cap Horn et 1 500 km de l'Antarctique, au sud du front polaire océanique (convergence). C'est la plus haute des îles subantarctiques (le mont Paget culmine à 2934 m dans la chaîne des Allardyce) et la deuxième par la taille après Kerguelen. 60 % de la surface de l'île sont recouverts de neige ou de glace ; certains glaciers - et la Géorgie en compte 163, mais tous en régression - se jettent dans la mer où ils libèrent des icebergs. Le climat y est froid, humide (1 500 mm/an sous forme de pluies et de neige) et les températures oscillent entre -15° et +10°C. En hiver, la banquise n'atteint que très rarement ces parages, mais deux mètres de neige peuvent recouvrir la côte.
 
Un peu d'histoire. La Géorgie du Sud a été aperçue pour la première fois en 1675 par un marchand londonien, Anthony de la Roche (qualifié parfois d'espagnol sous le nom d'Antonio de la Roca...), puis en 1756 par le sieur Duclos de Saint-Malo, qui deviendra second de Bougainville. Son appellation définitive est attribuée par Cook, qui y débarque en janvier 1775 et en prend possession au nom de l'Angleterre. Plus tard, en 1819, Bellingshausen découvrira l'île Annenkov et la côte Sud, et les scientifiques allemands viennent en Géorgie pour les travaux de l'Année polaire internationale de 1882-83. Enfin, lors de son retour vers l'Angleterre, réclamé par les siens, Shackleton meurt d’une crise cardiaque à bord du Quest et est enterré en Géorgie. Il y est d’ailleurs toujours enterré !
 
Dès 1786, les phoquiers se ruent dans les eaux géorgiennes australes, où ils exterminent otaries - pour la peau - et éléphants de mer - pour l'huile - En un seul été (1800-1801), ils ramènent 112 000 peaux ! Le 20ème siècle fut celui de l'hécatombe des baleines.
 
Avec la fondation de la Compagnie de pêche argentine par C.A. Larsen en 1904, commence l'occupation permanente de l'île. Les stations baleinières de Leith, Grytviken, Stromness, Prince Olaf et Husvik ont totalisé plus d'un millier d'habitants. Jusqu'en 1966, plus de 175 000 baleines ont été abattues, produisant 10 millions de barils d'huile ! Les ruines d'un cinéma, d'un hôpital, des usines et les épaves abandonnées hantent encore le rivage de Géorgie.
 
La vie sauvage géorgienne. 26 espèces de plantes vasculaires herbacées (en particulier le tussock Poa flabellata et une rosacée, Acaena adscendes), 125 mousses, 85 hépathiques et 150 lichens poussent dans les vallées et sur le littoral où les algues Macrocystis et Durvillea, appellées kelp, sont exubérantes. Cinq espèces de manchots (manchots royal, à jugulaire, papou, gorfous sauteur et macaroni), 4 d'albatros, 13 de pétrels et de prions, 1 de cormoran, 1 de skua, 1 de sterne, 1 de goéland et 1 de chionis nichent en Géorgie, souvent en très grand nombre (10 millions de macaroni !). Sans oublier un canard et un passereau chanteur terrestre, le pipit.
Les otaries, autrefois exterminées, ont repeuplé l'île (elles seraient 2 millions!), ainsi que les éléphants demer (350 000). Les autres phoques y sont, en revanche rares et de passage. Si les lapins, moutons et poneys introduits n'ont pas supporté le climat, le rat et la souris y sont devenus un véritable fléau pour l'avifaune, et 2 000 rennes, issus de bêtes amenées en 1911, vivent dans les montagnes. La mer, très poissonneuse, a permis le développement de la pêche après la disparition des baleines (poissons des glaces, « morues » antarctiques).
 

LES ORCADES DU SUD

Ce qu’il faut savoir :

Un peu de géographie. Les Orcades du Sud par 61 °S, à 780 km au sud­ est de la Géorgie du Sud, s’étalent dans le prolongement naturel de la péninsule Antarctique. Autour de l'île du Couronnement (Coronation) - une montagne au littoral tourmenté, culminant à 1 650 m pour une superficie d'environ 70 km2- émergent les îles Laurie, Powell, Signy et Inaccessibles, sans compter quelques îlots. Les Orcades sont presque-totalement recouvertes de glaciers et lorsque la banquise les libère pendant trois mois d'été, la neige persiste au-dessus de 150 m d'altitude. Bien que trois fois moins arrosées que les îles subantarctiques proprement dites (400mm/an), neige, brumes et tempêtes plantent le décor de ces terres déjà polaires, où la température demeure proche de - 5 °C. 
 
Un peu d'histoire. Découvertes par un Anglais, G. Powell, le 7 décembre 1821, les Orcades se sont trouvées sur la route de plusieurs expéditions polaires ultérieures : Weddell dès 1822, puis Dumont d'Urville en 1838 et Larsen en 1892. En 1903 et 1904, W.S. Bruce hiverne sur l'île Laurie lors de la Scottish National Antarctic Expedition. À la fin de son séjour, devant le manque d'intérêt des Britanniques, Bruce donne sa cabane aux Argentins qui y établissent alors une station météorologique, créant ainsi la première base scientifique de l'Antarctique (rebaptisée Orcadas), occupée en permanence depuis. Entre 1911 et 1930, les chasseurs de baleines s'installent également dans les Orcades, et en 1947, les Britanniques reviennent sur l'île Signy. 


La flore des Orcades est encore plus pauvre que celle des Sandwich: outre la canche polaire, on y compte moins d'espèces de mousses et de lichens qu'en terre de Graham, sur la pénin­sule Antarctique elle-même. Les grandes algues Macrocystis des îles subantarctiques sont remplacées ici par des Phylogigas grandifolius. Plusieurs îlots des Orcades ont été décrétés Zones de Protection Spéciales.
 
Si les otaries ont un moment disparu des Orcades, on les retrouve à nouveau en compagnie de phoques antarctiques (Weddell, crabier, éléphant et léopard de mer). Dix-huit espèces d'oiseaux s'y reproduisent, dont 4 de manchots (adélie, papou, jugulaire et de rares macaronis).
 

LES SHETLAND DU SUD

Ce qu’il faut savoir :

Un peu de géographie. Les Shetland du Sud à 900 km du cap Horn et à 100 km de la côte ouest de la Péninsule Antarctique. Une douzaine d'îles se succèdent entre 61°S (île Clarence) et 63 °15 'S (île basse), épousant la courbure générale de la Péninsule sur plus de 500 km. C'est ici, sur l'île du Roi George, que se concentre la plus forte densité de bases scientifiques, sur moins de 1 000 km2. Fjords escarpés et glaciers marquent le paysage nettement polaire, qui connaît un climat antarctique adouci par l'océan ; les sommets qui peuvent atteindre les 2 000 mètres, sont le plus souvent envahis par les nuages qui apportent pluie et neige;  les côtes, brumeuses et très ventées, sont cernées par la banquise une partie de l'année. On assiste depuis 5 ans à un réchauffement notoire empêchant la banquise de se développer. Aux Shetland, la température oscille entre 0°C et -7 °C, avec des extrema de + 15° en été à -30 °C en hiver.
 
L'origine volcanique de la majorité de l'archipel ne fait aucun doute. L'île de la Déception, où les fumerolles et les sources chaudes sont nombreuses, est un magnifique édifice de lave effondré en son milieu, dessinant une caldeira égueulée envahie par la mer. Il est même possible de s'y baigner, l’eau étant réchauffée par la géothermie ! Plusieurs éruptions s'y sont produites et il est encore recommandé de vérifier les risques d’activité volcanique avant d’y débarquer. Car ici, se boucle la « ceinture de feu » du Pacifique...
 
Un peu d'histoire. Les Shetland du Sud ont été découvertes par l'Anglais William Smith en 1819, puis étudiées plus en détails par Edward Bransfield l'année suivante. La présence de baleines, d'otaries et d'éléphants de mer attire immédiatement les chasseurs qui, en quelques années, déciment les troupeaux. L'activité baleinière reprend au début du 20ème  siècle et l'île de la Déception sert de station australe d'exploitation jusqu'en 1931. Le commandant Charcot la visite avec le Pourquoi pas ? en 1908. Huit ans plus tard, l'expédition de Shackleton, en perdition après le naufrage de l'Endurance, se réfugie sur l'île Éléphant où elle campe plusieurs mois en attendant de faire route vers la Géorgie du Sud. Et c'est à nouveau de l'île de la Déception que décolle l'avion de H. Wilkins en 1928, pour le premier survol de l'Antarctique.
 
Depuis la dernière guerre, les scientifiques ont pris la relève des industriels baleiniers sur les Shetland : la première base a été installée par les Anglais dès 1944 sur l'île de la Déception. Aujourd'hui, bien que le Chili, la Grande-Bretagne et l'Argentine revendiquent toujours ces îles (revendications gelées par le traité Antarctique de 1959), ce sont les chercheurs argentins, brésiliens, chiliens, polonais, chinois, soviétiques, coréens, uruguayens, espagnols, péruviens qui « peuplent » l'archipel, possédant une dizaine de bases sur la seule île du Roi George ! Ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes de voisinage et de pollution, sans parler de la redondance en matière de programmes scientifiques. Cette île est également fréquemment visitée par les touristes, transportés depuis l'Amérique du Sud par avions et bateaux de croisière.
 
La faune et la flore des Shetland du Sud est comparable à celle de la péninsule Antarctique : plaques de mousses et de lichens accompagnées de touffes de canche et de sagine polaires abritent quelques invertébrés. Dix-sept espèces d'oiseaux dont 4 de manchots s'y reproduisent, formant de grandes colonies ; otaries et éléphants de mer se retrouvent à terre, tandis que les phoques crabiers et de Weddell profitent des glaces flottantes.

LES ILES SANDWICH DU SUD

Ce qu’il faut savoir :

Un peu de géographie. Les îles Sandwich du Sud sont perdues dans l’océan, à 2 300 km du cap Horn, 1 300 km de l'Antarctique et 4 300 de l'Afrique du Sud, entre 56° et 59°30 S, et 26° et 28°W. Cet archipel ferme l'arc du Scotia à 500 km de la Géorgie, dans une mer encombrée de glaces de juillet à octobre. Onze îles principales forment, sur 400 km de long, un arc ouvert vers l'ouest, dont les plus grandes terres sont largement englacées. Située très au sud de la convergence antarctique et sur le trajet des grosses dépressions, brouillards et neiges y sont fréquents et les températures oscillent entre + 3° et -5°C au nord et -1° et -11°C au sud.
 
Les Sandwich du Sud connaissent un volcanisme actif : (fumerolles sulfureuses, solfatares, etc.) témoin de l'enfoncement de la plaque terrestre Atlantique sous sa voisine Antarctique. Les laves basaltiques y rappellent celles de Patagonie et d'Antarctique. Au pied de l'arc, au fond de l'océan, cette subduction est signée par une des plus profondes fosses abyssales du monde (-8 265 m).
 
Un peu d'histoire. Le 31 janvier 1775, James Cook, à bord du Resolution, aperçoit une île (l'île Cook) et quelques autres promontoires rocheux entre brouillards et glaces ; il en détermine les positions avec une extraordinaire précision pour l'époque. Le 21 décembre 1819, Taddeus Bellingshausen, à la tête du Vostok et du Mirny, complète la découverte de Cook : il découvre les trois îles du nord, prend de multiples croquis détaillés et souligne le volcanisme actif de l'archipel. Ensuite, jusqu'au 20ème siècle, seuls quelques rares phoquiers visitent ces terres inhospitalières, terriblement découpées et quasi-inabordables, exterminant les otaries entre 1875 et 1892. De 1911 à 1936, plusieurs navires s'approchent de l'archipel pour chasser les cétacés, sans grand succès d'ailleurs. Les campagnes scientifiques s'y multiplient également : Deutschland (1911), Endurance (1914), Quest (1922), Discovery Il (1930).
 
Actuellement, les Sandwich du Sud sont administrées par les Britanniques (Dépendance des Falkland), mais toujours revendiquées par l'Argentine.

Après l'extermination des otaries à la fin du siècle dernier, la naissance du premier bébé n'a été signalée qu'en 1957. Depuis, profitant vraisemblablement du stock de Géorgie, la population se reconstitue petit à petit. Les rassemblements d'éléphants de mer y sont nombreux et l'on rencontre aussi un petit nombre de phoques de Weddell et de léopards de mer. Dix espèces d'oiseaux de mer nichent aux Sandwich, constituant une avifaune très similaire à celle des Orcades et des Shetland.
Damiers du Cap et fulmars antarctiques sont abondants ; la présence de pétrels des neiges, pétrels de Wilson, pétrels géants, skuas, cormorans et sternes est aussi caractéristique de la zone antarctique, rendant surprenante l'absence de chionis. À cela se rajoutent les manchots maca­roni, adélie, papou et jugulaire, ces derniers formant ici les manchotières les plus importantes du monde.
Longtemps ignorée, la flore des Sandwich semble très pauvre, constituée par 13 espèces d'algues, 27 de lichens, 31 de mousses, 12 d'hépatiques et une seule herbe. L'ensemble de l'archipel n'a fait l'objet d'aucune introduction de plantes ni d'animaux.
 

TRISTAN DA CUNHA

Ce qu’il faut savoir :

Un peu de géographie. L’île de Tristan da Cunha est située par 37°05' de latitude Sud et 12° 20' de longitude Ouest, entre l'Amérique du Sud (4 200 km) et Le Cap (3 100 km). Les pentes de ce volcan né sur le flanc Est de la dorsale médio-atlantique tombent à pic dans la mer, n'offrant la possibilité d'aucun port. Rafales de vents jusqu'à 150 km/h) et pluies (1 500 mm/an) caractérisent le climat tempéré de cette île isolée (15°C en  moyenne), sur laquelle 300 habitants vivent coupés de tout, à cheval sur la convergence océanique subtropicale et à la lisière du monde subantarctique. Un décor qui fait penser à l'île française d'Amsterdam, dans l'océan Indien (Terres Australes et Antarctiques Françaises - TAAF).
 
Un peu d'histoire. L'île, découverte en 1506 par l'amiral portugais Tristan da Cunha, a été annexée par la Grande-Bretagne le 14 août 1816 et fait partie de la Dépendance de Sainte­ Hélène, d'où partirent les colons qui fondèrent sur Tristan la bourgade d'Edinburgh. Le Challenger visite Tristan en 1873, lors de sa campagne circumterrestre. Du temps de la marine à voiles, cette terre au cœur de l'Atlantique Sud servait d'escale aux baleiniers, qui y trouvaient vivres et eau potable. Pendant la guerre (1942), les Britanniques installèrent sur Tristan une station de météorologie. A 45 km dans le sud, les îles désertes Inaccessible et Nightingale sont rattachées à Tristan da Cunha. Plus au sud encore, les Sud­ Africains gèrent une base subantarctique sur l'île Gough.
 
Les habitants de Tristan da Cunha qui dépendent de la couronne d’Angleterre, sont aujourd’hui environ 250 et vivent de l'élevage (bœufs, porcs, moutons) et de quelques cultures qui poussent à l'abri de murets de lave (pommes de terre, plantes potagères, arbres fruitiers). À cela, il faut ajouter une petite industrie de congélation de langoustes, relativement récente. En 1962, une éruption volcanique inattendue a forcé tous les habitants à évacuer l'île pendant quelques mois.

La faune et la flore. Les pentes de Tristan da Cunha sont couvertes par une prairie constituée par une espèce à graminée de grande taille, Spartina arundinacea ; on y rencontre également des mousses et des fougères. Des tourbières se développent dans les hauteurs. Mais le plus caractéristique est sans nul doute le Phylica, un arbre endémique, malheureusement devenu rare (un autre Phylica pousse sur l'île australe française d'Amsterdam). Les côtes sont envahies par les algues Macrocystis.
Otaries et oiseaux de mer - gorfou sauteur, albatros, pétrels skuas, sternes, etc.- se reproduisent dans l'archipel où l'on compte en outre quelques oiseaux terrestres. Les rats, introduits par accident en 1882, sont devenus sur Tristan, comme dans plusieurs îles subantarctiques, un véritable fléau.

LES AUTRES ILES

Ce qu’il faut savoir :

La répartition des continents sur la Terre est très dissymétrique : entre 45 ° de latitude Sud et le cercle polaire antarctique, l'océan recouvre plus de 90% du globe, alors que dans le nord, plus de la moitié de la surface est occupée par la terre ferme aux mêmes latitudes. Ainsi, toutes les îles subantarctiques (une vingtaine d'archipels) ne totalisent-elles pas 40 000 km2 ; moins que la superficie de la Suisse ! Le climat y est directement lié à la température de la mer (convergences successives) et à leur éloignement progressif du continent polaire. Balayées par les dépressions qui s'enroulent autour de la Terre sans le moindre obstacle (ceintures des vents d'ouest), ces régions connaissent un temps froid pluvieux, tempétueux même et rapidement changeant, avec une nette diminution des précipitations au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'Antarctique sec et glacé. Comme pour ajouter à leur austérité, la plupart des îles subantarctiques sont d'origine volcanique récente et leur relief est accidenté, voire déchiqueté, n'offrant souvent que des côtes quasi inabordables et dangereuses ; les glaciers y sont nombreux, et certains arrivent jusqu'à la mer dès la latitude de Kerguelen.
 
De lointaines possessions. Dans l'Atlantique Sud, les îles de l'arc du Scotia sont administrées par le Royaume-Uni. l'île Bouvet (ou Bouvetoya), très isolée et découverte en 1649 par le Français Bouvet de Lozier, appartient elle à la Norvège; plus au nord, le groupe Tristan da Cunha et Gough est à nouveau britannique, mais géré par l'Afrique du Sud. Autour de la Nouvelle-Zélande dans le Pacifique Sud et lui appartenant, se trouvent les îles Campbell, Auckland, Antipodes, Bounty, Chatham et Snares; l'île Macquarie, en revanche, est une possession australienne, de même Heard et Macdonald, portées par le plateau sous-marin des Kerguelen, dans l'océan Indien Sud. Émergeant de ce même relief noyé, l'archipel de Kerguelen fait partie de la France (TAAF), comme 1 500 km à l'ouest les îles Crozet et, 1 400 km aunord, Saint-Paul et Amsterdam ; enfin, l'île Marion et celle du Prince Edouard sont sud-africaines.
 
Les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) créées par la loi du 6 août 1955 (composées par les 3 archipels de l'océan Indien Austral et par le secteur antarctique français de Terre Adélie limité par les longitudes 136 °E et 142 °E) sont placées sous l'autorité d'un chef du territoire et dépendent des DOM-TOM (Départements et Territoires d’Outre mer). Le gouvernement français entretient là-bas 4 bases scientifiques permanentes : Port-aux-Français à Kerguelen, Alfred-Faure à Crozet, Martin-de-Viviès à Amsterdam, Dumont d'Urville en Terre Adélie. Chaque année, en l'absence de toute liaison aérienne, un navire ravitailleur - également bâtiment de recherche - le Marion-Dufresne, relève le personnel des îles (quelques dizaines d'hommes dans chaque base) et un navire polaire, l'Astrolabe, celui de Terre Adélie. Kerguelen, de la taille de la Corse, est la plus grande de toutes les îles australes (à ne pas confondre avec les îles Australes de Polynésie française !...) Chaque mission envoyée dans les TAAF passe là-bas un long hivernage, qui débute et se termine par une courte campagne d'été. La biologie marine, la botanique, la zoologie, la biologie humaine, l'océanographie, la géophysique, la géologie et la météorologie sont étudiées par deséquipes de chercheurs depuis l'installation des bases dans les années 60. Actuellement, on y suit aussi certains satellites.
 
La philatélie (émission des timbres uniquement utilisés dans les TAAF) et la pêche (quotas de langoustes et de poissons) sont les seules activités « commerciales ».

Propositions d’activités:

-       Comparez la Géorgie du Sud au Falkland: comment expliquer que ces 2 degrés de latitude de différence soient si déterminants ?
-       Pourquoi la vie sauvage, par contre, est plus riche en Géorgie du Sud qu’aux Falkland ?
-       Quel fut le véritable enjeu des Malouines lors de la guerre qui a opposé Anglais et Argentins en 1982 ?
-       Pourquoi l’archipel des îles Sandwich du Sud n'a-t-il fait l'objet d'aucune introduction de plantes ou d'animaux ?
-       Pensez-vous que le volcanisme des Shetlands du Sud réchauffe sensiblement le climat ?
-       Comment expliquer l'importance des vents et des tempêtes dans ces zones subantarctiques ?
-       Quelles sont les missions des TAAF ?
 

Pour plus de détails :

Littérature :

-       Salut au Grand Sud – I. Autissier & E. Orsenna
-       Damien - Janichon

Guides :

-       Guide des oiseaux et mammifères des Terres Australes et Antarctiques Françaises. – J. Prévost & JL Mougin
-       Guide Antarctique et Terres Australes – M. Foucard

Site :

-       Terres australes et antarctiques françaises : taaf.fr

Ils Saint-Paul

Ils Saint-Paul

Ile Amsterdam

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Iles Crozet

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Iles Kerguelen

Iles Kerguelen

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